Violette

Violette est un seul en scène conté et parsemé de chansons ;
joué par Ségolène Frédière et mis en scène par Amandine Fluet

Violette (1)

Synopsis :

« C’est de ta faute. Non. Le père de Valentin a tout raconté. Valentin il est beau. Il travaille chez Sweat Dreams. Ma fille aussi travaille chez Sweat Dreams ! Silence ou je fais évacuer la salle ! »

Violette est amoureuse. Valentin aussi. Quoi de plus naturel que de partager une glace ?

Mais était-ce un partage ou un vol ?

Dans un tribunal peu commun, un personnage mi-enfant mi-adulte prend la place des protagonistes, gonfle, adoucit puis déforme leurs propos.

Teaser

Note d’intention de l’auteure : Doté d’une double lecture, Violette reste accessible au jeune public, mais vise avant tout le public adolescent, jeune adulte et adulte.

Le terme « viol » est souvent éludé. Nous avons tendance à utiliser des termes détournés : « après les faits », « Après, il ne l’a plus touchée », « c’est arrivé ». J’ai donc fait le choix de poursuivre ce détour, de l’alléger pour mieux le questionner. Questionner l’absurdité d’un geste sur lequel, tout le monde semble tomber d’accord : c’est un acte monstrueux. Même une personne accusée de viol pourra sans broncher dire que l’acte est monstrueux. Parce qu’il ne considère pas son acte comme un viol. La notion du consentement semble rester floue. Où est la limite ? Quand passe-t-on d’insistant à criminel ?

Violette est une comédie acide qui veut interroger : Le voleur de « glace » est-il un monstre ? Ou est-ce la société qui amène une personne à commettre un acte monstrueux ? S’intéresser aux conséquences psychologiques et irréversibles d’un « vol de glace » sur la victime semble évident. Mais sans faire fi de cette dimension, je cherche dans ce spectacle à comprendre ce qui amène le « bon père de famille », « l’homme qui ne ferait pas de mal à une mouche » à « voler la glace » d’une femme sans l’avoir prémédité, voir sans se rendre compte de l’acte qu’il commet.

Qu’est ce qui, dans notre quotidien, dans notre éducation, dans nos blagues, dans les remarques faites aux femmes, dans nos films et nos histoires nous laisse insidieusement penser qu’un homme peut prendre le contrôle d’une femme ?

Un personnage intemporel, un peu naïf, un peu cruel, raconte cette histoire et incarne l’ensemble des personnages. Il est à la fois la partie cachée de nos pensées, celui qui dit tout haut ce que l’on pense parfois tout bas et à la fois Violette qui cherche à prendre du recul sur sa propre histoire.

Sujet sensible, brûlant et vaste s’il en est, Violette ne se veut pas universel, loin de prétendre englober tous les cas existants.

Violette s’est construit au travers de témoignages aussi bien de victimes, d’auteurs de crime, de commentateurs d’articles que de travailleurs ayant échangé avec ces personnes et de scientifiques.

Tout au long du procès, comme les pièces d’un puzzle, les personnages se présentent à l’audience, offrant chacun un pendant de l’affaire, laissant le spectateur se faire sa propre vision des faits. Une parole sincère, parfois fragile, souvent brisée. Le procès se déroule et s’entrecoupe d’instants poétiques, d’images et de chants qui viennent tantôt gonfler, tantôt déformer tantôt adoucir le propos.

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